LONDRES CORRESPONDANT
Le brouhaha médiatique que suscitent depuis plusieurs mois les agressions à l'arme blanche au Royaume-Uni pouvait jusqu’'alors sembler plus relever de la psychose que d'un phénomène réel. Mais des chiffres inédits sont venus alimenter la thèse d'un« fléau », évoquée par certains politiques.
Selon le British Crime Survey, un sondage régulièrement conduit par les autorités et qui a porté cette fois-ci sur 40 000 personnes, 130 000 forfaits ont été commis à l'aide d'une arme blanche en 2007, soit 356 par jour ou un toutes les quatre minutes. Ce chiffre, publié le 17 juillet, a couvert les « unes » de la presse britannique. Il diverge fortement de celui donné par la police, qui ne prend en compte que les délits faisant l'objet d'une plainte formelle : 22 000 agressions ou menaces à l'arme blanche de mars 2007 à mars 2008.
Aucune comparaison n'est possible, car c'est la première fois que sont comptabilisés à part les forfaits à l'arme blanche. Mais l'opinion est persuadée que le pays est de plus en plus dangereux, en particulier pour les plus jeunes. Depuis le début de l'année, 21 adolescents sont décédés de mort violente à Londres, dont 16 à la suite de coups de couteau.
Face à la montée de l'inquiétude, les autorités ont annoncé un train de mesures qu'elles ont voulu marquantes. Les 20 000 familles qui « ne contrôlent plus leurs enfants », selon l'expression du premier ministre Gordon Brown, devront signer un contrat pour s'engager à améliorer la situation. Dans le cas contraire, elles pourront se voir chasser de leurs logements sociaux.
Le chef du gouvernement travailliste, pressé par une opposition conservatrice partisane de la manière forte, n'est cependant pas allé jusqu'à instaurer une peine automatique pour les porteurs de couteau. Selon un sondage réalisé auprès de 500 jeunes par l'institut ICM, et publié dans le News of the World, 71 % des 16 à 24 ans souhaitent leur emprisonnement pendant deux ans. a — (Intérim.)
Le Monde, Vendredi 25 juil. 08



